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Hashmonaîm 1 et 2

1 Hashmonaîm ­ Maccabées 1

Liminaire pour 1 et 2 Hashmonaîm

     La Bible hébraïque comprend plusieurs ouvrages divisés en deux livres: Samuel, Rois, Paroles des Jours ou Chroniques. Cette division est tardive et artificielle: chacun de ces ouvrages formait à l’origine un tout. Il n’en va pas de même pour les deux livres des Hashmonaîm: il s’agit ici de deux oeuvres fort différentes, quoique recouvrant partiellement une même période de l’histoire d’Israël. Le premier a été écrit en hébreu, mais n’est conservé qu’en grec; le second a été rédigé dans cette dernière langue. Le style, l’esprit, les intentions des auteurs diffèrent considérablement de l’un à l’autre.

     Leur titre original n’est pas connu. Dans la plupart des Bibles, on les appelle Maccabées, du surnom (Maqabi, « Marteau », « Martel » ?) donné à Iehouda (Judas), principal héros de la révolte contre la domination grecque et la volonté d’helléniser les Hébreux. Comme l’histoire racontée par ces livres dépasse le cadre de la biographie de ce personnage, mieux vaut les appeler Hashmonaîm (Hasmonéens ou Asmonéens), comme en hébreu, du nom de sa famille et de la dynastie sacerdotale qui gouverna Israël à partir de la libération.

     Le premier livre fait le récit d’événements qui remplissent en gros une période de quarante ans, depuis l’avènement d’Antiochus IV Épiphane (175) jusqu’à la mort de Shim‘ôn (134). Il décrit avant tout les combats menés pour la libération d’Israël, alors sous la domination des rois Séleucides de Syrie. L’admiration de l’auteur pour Rome (ch. 8) ne se comprend qu’avant la conquête réalisée par Pompée en 63 avant l’ère chrétienne. On pense que l’ouvrage a dû être composé vers l’année 100 et traduit peu après.

     Plutôt qu’une chronique, le second livre est un opuscule liturgique destiné aux synagogues de la diaspora, tout comme le rouleau d’Èstér. Il s’étend longuement sur des récits de martyre: celui d’Èl‘azar (6,18-31), celui des sept frères et de leur mère (ch. 7), le suicide pour motif religieux de Razis (14,37-46). On y trouve aussi les éléments d’une théologie systématique: Dieu est créateur (7,23); il n’a besoin de rien (14,35); il est transcendant (hypsistos), Seigneur des esprits (3,24). Les messagers ou anges sont présents, mais l’espérance messianique n’est évoquée qu’en 1,27-29. Un des thèmes majeurs est celui de la résurrection des morts et des prières à faire pour eux (12,44-45). L’importance du Temple est soulignée (3,12), en fonction de l’éminence du peuple élu au centre duquel habite IHVH-Adonaï.


Chapitre 1.

Alexandros roi

1.     Alexandros fils de Philippos, Makédôn, sortit de la terre des Kitîm,
battit Dariavèsh, roi de Paras et de Madaï,
et devint roi à sa place, d’abord en Iavân;
2.     il fit de nombreuses guerres, investit des forteresses,
égorgea les rois de la terre,
3.     vint jusqu’aux confins de la terre, prit du butin à de nombreuses nations.
La terre se calma en face de lui.
C’est alors que son coeur s’exalta et s’enfla.
4.     Il rassembla une armée très lourde et régna sur les provinces
des nations et des dynastes qui furent ses tributaires.
5.     Et c’est après ces paroles, il tombe sur sa couche et pénètre qu’il mourra.
6.     Il convoque ses serviteurs, les glorieux qui avaient grandi avec lui
depuis son adolescence, et répartit entre eux son royaume,
lui étant encore en vie.
7.     Alexandros règne douze ans et meurt.
8.     Ses serviteurs gouvernent chacun en son lieu.
9.     Après sa mort, tous mettent des diadèmes royaux sur leurs têtes
et leurs fils après eux, de nombreuses années.
Ils multiplient les malheurs sur la terre.
10.     Parmi eux surgit la racine du crime, Antiochos Epiphanès,
fils du roi Antiochos, qui fut otage à Rome.
Il règne en l’an cent trente-sept du royaume des Ievanîm.

Fils de Belia‘al

11.     En ces jours surgissent d’Israël des fils de Belia‘al,
ils séduisent des multitudes à dire:
« Allons, tranchons un pacte avec les goîm de notre entourage.
Oui, du jour où nous nous sommes écartés d’eux,
de nombreux malheurs nous atteignent. »
12.     La parole était bien à leurs yeux.
13.     Des hommes du peuple vont volontairement vers le roi
et le roi leur donne la permission d’observer les lois des goîm.
14.     Ils bâtissent un gymnase à Ieroushalaîm selon les coutumes des goîm.
15.     Ils se refont des prépuces et abandonnent le pacte sacré,
ils s’accouplent aux goîm et se vendent pour faire le mal.

Deuil en Israël

16.     La royauté s’affermit en face d’Antiochos. Il aspire à régner
en terre de Misraîm afin de régner sur les deux royaumes.
17.     Il vient en Misraîm avec un peuple lourd, des chars, des éléphants,
des cavaliers et une grande flotte.
18.     Il fait la guerre à Talmaï, roi de Misraîm.
Talmaï recule en face de lui et s’enfuit. Tombent de nombreuses victimes.
19.     Ils investissent les forteresses de la terre de Misraîm.
Il prend le butin de la terre de Misraîm.
20.     Antiochos retourne après avoir battu Misraîm en l’an cent quarante-trois.
Il monte contre Israël et contre Ieroushalaîm avec un peuple lourd.
21.     Il vient au sanctuaire avec orgueil, prend l’autel d’or,
le candélabre de lumière et tous ses objets,
22.     la table des rangées, les gobelets, les aiguières,
les cassolettes d’or, le rideau, les couronnes,
les ornements d’or sur la façade du palais et enlève le tout.
23.     Il prend l’argent et l’or, tous les objets précieux,
il prend les trésors cachés qu’il trouve.
24.     Ayant tout pris, il retourne vers sa terre,
fait une grande tuerie et parle avec beaucoup d’orgueil.
25.     C’est un grand deuil en Israël, en tous lieux.
26.     Les chefs et les anciens soupirent,
les vierges et les jeunes gens s’étiolent, la beauté des femmes s’altère.
27.     Tout fiancé porte un thrène; assise sous le dais, l’épouse s’endeuille.
28.     La terre se convulse sur ses habitants.
Toute la maison de Ia‘acob se revêt de honte.

Incendie

29.     Au bout de deux ans de jours,
le roi envoie le chef des contributions dans les villes de Iehouda.
Il vient à Ieroushalaîm avec une lourde troupe.
30.     Il leur parle des paroles de paix par duperie.
Ils adhèrent à lui, mais il tombe soudain contre la ville.
Il la frappe à grands coups et fait périr un peuple nombreux d’Israël.
31.     Il prend le butin de la ville et l’incendie au feu,
il brûle ses maisons et ses remparts autour.
32.     Ils capturent les femmes, la marmaille et le bétail.
33.     Ils bâtissent la ville de David avec un grand et puissant rempart
et des tours fortifiées; elle devient leur citadelle.
34.     Une nation fautive demeure là, des hommes de Belia‘al s’y fortifient.
35.     Ils y entassent des armes et de la nourriture,
ramassant le butin de Ieroushalaîm,
ils le mettent là et c’est le grand piège.
36.     C’est une embuscade contre la maison du sanctuaire,
un satân du mal pour Israël, en tout temps.
37.     Ils répandent un sang innocent autour du sanctuaire
et contaminent le sanctuaire.
38.     Les hommes de Ieroushalaîm s’enfuient à cause d’eux
et c’est une colonie pour étrangers,
elle devient étrangère à sa semence, ses fils l’abandonnent.
39.     La maison du sanctuaire est désolée comme un désert,
ses fêtes se tournent en deuil,
ses shabats en dérision, sa gloire en mépris.
40.     À la mesure de sa gloire, sa turpitude, sa grandeur se tourne en deuil.

Les lois étrangères

41.     Le roi écrit à tout son royaume d’être tous un seul peuple,
42.     d’abandonner tout homme ses lois.
Toutes les nations se conforment aux prescriptions royales.
43.     Nombreux en Israël agréent son culte,
sacrifient aux idoles et profanent le shabat.
44.     Le roi envoie des actes, par la main de messagers,
à Ieroushalaîm et dans les villes de Iehouda,
pour aller derrière les lois étrangères à la terre,
45.     pour interdire au sanctuaire les montées, le sacrifice, la libation,
pour profaner le shabat et les fêtes,
46.     pour contaminer le sanctuaire et les sacrements,
47.     pour bâtir des tertres, des enceintes sacrées, des sculptures,
pour immoler des porcs et des bêtes contaminées,
48.     pour laisser leurs fils incirconcis et de rendre leurs êtres abjects
en toute contamination en fétidité,
49.     pour oublier la tora et de changer toutes les lois.
50.     Quiconque ne ferait pas cela selon la parole du roi mourrait.
51.     Conformément à toutes ces prescriptions,
le roi écrit toutes ces paroles à son royaume,
il prépose des préposés sur tout le peuple
et ordonne aux villes de Iehouda de sacrifier en toutes villes.
52.     Nombreux, parmi le peuple, s’associent avec eux,
tous ceux qui abandonnent la tora. Ils font le mal sur la terre.
53.     Ils mettent Israël dans des cachettes en tous leurs refuges.

Quinze Kislév

54.     Le quinzième jour de Kislév en l’an cent quarante-cinq,
ils bâtissent l’abjection de la désolation sur l’autel
et dans les villes de Iehouda, autour, ils bâtissent des tertres.
55.     Aux portes des maisons et sur les places, ils sacrifient.
56.     Les volumes de la tora qu’ils trouvent ils les lacèrent et les brûlent.
57.     Tout homme qui était trouvé avec un volume du pacte en main
ou qui se soumettait à la tora,
le décret du roi était de le mettre à mort.
58.     Dans leur agressivité, ils font ainsi à ceux d’Israël
qu’ils trouvaient de lunaison en lunaison dans les villes.
59.     Le vingt-cinq de chaque lunaison,
ils sacrifient sur le tertre où était l’autel.
60.     Les femmes qui ont fait circoncire leurs fils
sont mises à mort, suivant l’édit.
61.     Ils pendent les nourrissons à leur cou et mettent à mort
ceux qui avaient pratiqué la circoncision.
62.     Nombreux, en Israël, sont fermes et forts
pour ne pas manger de nourriture contaminée.
63.     Ils choisissent de mourir plutôt que de se contaminer par les nourritures
et plutôt que de contaminer le pacte sacré, ils meurent.
64.     C’est une très grande écume contre Israël.

Chapitre 2.

Matityah

1.     En ces jours, se lève Matityah bèn Iohanân bèn Shim‘ôn,
desservant des Benéi Yehoyarib; il quitte Ieroushalaîm et habite Modi‘în.
2.     À lui cinq fils, Iohanân, appelé Gadi,
3.     Shim‘ôn, appelé Thassi,
4.     Iehouda, appelé Maqabi,
5.     Èl‘azar, appelé Horân, Ionatân, appelé Haphous.
6.     Il voit les impiétés qui se commettent en Iehouda et à Ieroushalaîm.
7.     Il dit: « Oïe, moi, pourquoi suis-je né pour voir
la destruction de mon peuple, la destruction de la ville du sanctuaire
et comment l’habiter quand elle est donnée aux mains des ennemis,
la maison du sanctuaire aux mains des étrangers ?
8.     Son temple est comme un homme vil.
9.     Les objets splendides sont transportés en captivité,
ses enfants sont tués sur ses places,
ses adolescents par l’épée de l’ennemi.
10.     Quel peuple n’a pas hérité du royaume,
ne s’est pas emparé de ses dépouilles ?
11.     Toute sa magnificence lui a été prise, au lieu d’être libre, la voici esclave,
12.     et voici, notre sanctuaire, notre magnificence,
notre splendeur sont désertiques, les goîm les profanent.
13.     Pourquoi vivrions-nous encore ? »
14.     Matityah et ses fils déchirent leurs habits,
ils se revêtent de sacs et s’endeuillent fort.
15.     Les hommes du roi qui contraignent à l’apostasie
viennent dans la ville de Modi‘în pour sacrifier.
16.     Nombreux, en Israël, viennent à eux.
Mais Matityah et ses fils se regroupent.
17.     Les hommes du roi répondent et parlent à Matityah pour dire:
« Tu es le chef grand et glorieux de cette ville,
appuyé par des fils et des frères.
18.     Maintenant, sacrifie le premier et exécute l’ordre du roi
comme font tous les peuples et les hommes de Iehouda,
ceux qui ont été autorisés à rester à Ieroushalaîm.
Tu seras, toi et tes fils, parmi les amis du roi.
Toi et tes fils, vous serez honorés
avec de l’or, de l’argent et de nombreux dons. »
19.     Matityah répond et dit d’une voix forte:
« Même si tous les peuples de la maison du roi l’entendent
et s’écartent du culte de leurs pères pour choisir ses ordres,
20.     moi, mes fils et mes frères nous irons dans le pacte de nos pères.
21.     Loin de nous d’abandonner la tora et les ordres !
22.     Nous n’entendrons pas les paroles du roi
pour nous écarter de notre culte à droite ou à gauche. »
23.     Quand il finit de parler ces paroles,
un homme de Iehouda s’approche aux yeux de tous
pour sacrifier sur le tertre de Modi‘în, selon l’ordre du roi.
24.     Matityah le voit, plein de zèle, ses reins frissonnent,
il répand sa légitime brûlure, court et l’égorge sur l’autel.
25.     L’homme du roi qui les contraignait à sacrifier,
il le tue dans le même temps et il démolit le tertre,
26.     plein de zèle pour la tora, comme avait fait Pinhas à Zimri bèn Salou.
27.     Matityah crie dans la ville à grande voix pour dire:
« Qui a du zèle pour la tora et se tient dans le pacte vienne derrière moi. »
28.     Il s’enfuit avec ses fils vers les montagnes,
ils abandonnent tout ce qu’ils avaient en ville.

Guerre le shabat

29.     Alors de nombreux défenseurs de la justice et du droit
descendent au désert pour y habiter,
30.     eux, leurs femmes, leurs fils et leur cheptel;
oui, les malheurs s’étaient appesantis contre eux.
31.     Il est rapporté aux hommes du roi et à l’armée,
qui étaient à Ieroushalaîm dans la ville de David,
que les hommes qui avaient transgressé l’ordre du roi
étaient descendus dans des cachettes au désert.
32.     Ils les poursuivent, nombreux, les atteignent,
se campent contre eux et leur font la guerre un shabat.
33.     Ils leur disent: « C’est assez pour vous ! Sortez,
exécutez les paroles du roi et vivez ! »
34.     Ils disent: « Nous ne sortirons pas, nous n’exécuterons pas
la parole du roi pour profaner le jour du shabat. »
35.     Ils se hâtent de leur faire la guerre.
36.     Mais ils ne leur répondent pas, ne jettent pas contre eux de pierres
et ne barricadent pas leurs cachettes,
37.     disant: « Nous mourrons dans notre intégrité,
le ciel et la terre en sont témoins pour nous,
oui, vous nous faites périr sans jugement. »
38.     Ils leur font la guerre le shabat et ils meurent, eux, leurs femmes,
leurs fils, leur cheptel, environ un millier d’hommes.

Ils rachètent la tora

39.     Matityah et ses amis le savent, ils s’endeuillent très fort.
40.     Ils se disent l’un à l’autre:
« Si nous faisons tous comme ont fait nos frères,
si nous ne guerroyons pas contre les goîm pour nos êtres et notre tora,
maintenant, ils nous auront vite effacés sur les faces de la terre. »
41.     Ce jour-là ils délibèrent pour dire:
« Tout homme qui viendra contre nous pour la guerre le jour du shabat,
nous guerroierons contre lui et nous ne mourrons pas tous
comme nos frères sont morts dans leurs cachettes. »
42.     Les rejoint alors un groupe de hassidîm,
des héros de valeur d’Israël, tous dévoués à la tora.
43.     Tous ceux qui fuient les malheurs se joignent à eux
et sont pour eux un appui.
44.     Ils constituent une armée et frappent dans leur écume les prévaricateurs
et ceux qui faisaient carence dans leur fièvre.
Le reste s’enfuit chez les goîm pour être secouru.
45.     Matityah et ses amis font une tournée et démolissent les tertres.
46.     Ils circoncisent de force les fils qui n’avaient pas été circoncis,
ceux qu’ils trouvent dans la frontière d’Israël.
47.     Ils pourchassent les fils de l’arrogance
et le propos triomphe en leurs mains.
48.     Ils rachètent la tora de la main des goîm et de la main du roi.
Ils ne laissent pas de corne au criminel.

Matityah meurt

49.     Les jours de Matityah approchent de la mort. Il dit à ses fils:
« Maintenant l’arrogance et l’outrage,
le jour du bouleversement et de la brûlure de narine s’imposent.
50.     Maintenant, fils, soyez zélés pour la tora,
donnez vos êtres au pacte de vos pères.
51.     Souvenez-vous des hauts faits des pères, ce qu’ils ont fait dans leurs âges,
et possédez grande gloire, renom de pérennité.
52.     Abrahâm dans l’épreuve n’a-t-il pas adhéré,
cela lui étant compté pour justification ?
53.     Iosseph, au temps de sa détresse, a gardé l’ordre,
devenant l’Adôn de Misraîm.
54.     Pinhas notre père, zélé de zèle, reçoit le pacte du sacerdoce en pérennité.
55.     Iehoshoua‘, en accomplissant la parole, devient le suffète d’Israël.
56.     Kaléb en témoignant dans l’assemblée reçoit la terre de la possession.
57.     David en sa grâce possède le trône du royaume en pérennité.
58.     Élyahou, zélé de zèle pour la tora, s’élève dans les ciels.
59.     Hananyah, ‘Azaryah, Mishaél, confiants, sont secourus dans la fournaise.
60.     Daniél dans son intégrité est secouru de la gueule des lions.
61.     Ainsi, discernez-le d’âge en âge,
oui, tous ceux qui espèrent en lui ne trébuchent jamais.
62.     Ne frémissez pas des paroles de l’homme criminel,
oui, sa gloire va au fumier, à la vermine.
63.     Aujourd’hui, il s’exalte, mais demain il ne se trouvera plus,
oui, il sera retourné à sa poussière et ses desseins auront péri.
64.     Fortifiez-vous, mes fils, affermissez-vous dans la tora,
oui, vous serez glorifiés par elle.
65.     Voici Shim‘ôn, votre frère, je sais qu’il est un homme de bon conseil.
Entendez-le toujours, il sera pour vous un père.
66.     Iehouda Maqabi, héros de valeur depuis son adolescence,
sera pour vous le chef de l’armée,
il guerroiera pour la guerre du peuple.
67.     Vous, réunissez autour de vous tous les gardiens de l’ordre
et vengez-vous dans la vengeance de votre peuple.
68.     Retournez leur rétribution aux goîm,
raffermissez-vous dans les ordres de la tora. »
69.     Il les bénit puis il est réuni à ses pères.
70.     Il meurt en l’an cent quarante-six.
Il est enseveli dans les sépultures de ses pères à Modi‘în.
Tout Israël le pleure à grands pleurs.

Chapitre 3.

Iehouda Maqabi

1.     Se lève à sa place Iehouda, son fils, appelé Maqabi.
2.     Tous ses frères l’aident avec tous ceux qui collaient à son père.
Ils guerroient en la guerre d’Israël dans la joie.
3.     Il étend la gloire de son peuple, se revêt d’une cuirasse comme un héros,
se ceint des armes de sa guerre et fait des guerres.
Il engage de nombreuses batailles et défend le camp à l’épée.
4.     Il ressemble en ses hauts faits à un lion,
à un lionceau rugissant après la proie.
5.     Il pourchasse les défaillants et les dépiste,
il brûle ceux qui irritent son peuple.
6.     Les sans-tora sont matés par peur de lui,
tous les ouvriers d’iniquité sont terrifiés.
Le salut triomphe par sa main.
7.     Il rend amers de nombreux rois, et réjouit Ia‘acob par ses hauts faits;
jusqu’en pérennité, son souvenir sera en bénédiction.
8.     Il passe dans les villes de Iehouda et y fait périr les criminels:
il détourne la brûlure d’Israël.
9.     Son nom est crié jusqu’aux confins de la terre et il réunit les égarés.

L’héroïsme dépend du ciel

10.     Apollonios réunit des goîm et, de Shomrôn, une grande armée
pour guerroyer contre Israël.
11.     Iehouda le sait, il sort à son abord et le bat. Il le met à mort.
De nombreuses victimes tombent. Ceux qui restent s’enfuient.
12.     Il prend leur butin. Iehouda prend l’épée d’Apollonios
et guerroie avec elle, tous les jours.
13.     Sèrôn, le chef de l’armée d’Arâm, entend que Iehouda a réuni
un grand nombre d’adhérents avec lui. Ils sortent en guerre.
14.     Il dit: « Je me ferai un nom et serai glorieux dans le royaume.
Je guerroie contre Iehouda et ceux qui sont avec lui,
ceux qui méprisent les paroles du roi. »
15.     Il continue à monter. Monte avec lui un lourd camp d’impies,
pour l’aider à faire vengeance contre les Benéi Israël.
16.     Il arrive à la montée de Béit Horôn.
Iehouda sort à sa rencontre avec un petit nombre d’hommes.
17.     En voyant le camp qui venait à leur rencontre, ils disent à Iehouda:
« Comment pourrions-nous, nous, si peu nombreux,
guerroyer contre cette foule puissante ?
Nous sommes exténués et n’avons rien mangé aujourd’hui. »
18.     Iehouda leur dit: « Il est facile d’enfermer les nombreux
dans les mains d’un petit nombre.
Il n’est pas de frein en face du ciel, pour sauver avec beaucoup ou peu.
19.     Non, la victoire dans la guerre n’est pas dans le nombre d’une armée,
l’héroïsme dépend du ciel.
20.     Ils viennent contre nous avec beaucoup d’orgueil et d’insolence,
pour nous exterminer, nous, nos femmes, nos fils, et nous piller.
21.     Nous, nous guerroyons pour nos êtres et notre tora.
22.     Lui-même, il les écrasera en face de nous.
Ne frémissez pas en face d’eux ! »
23.     Quand il finit de parler, il tombe soudain contre eux.
Sèrôn est écrasé avec son camp en face de lui.
24.     Il les poursuit dans la descente de Béit Horôn jusqu’à la plaine.
Tombent parmi eux huit cents hommes environ.
Le reste s’enfuit en terre des Pelishtîm.
25.     Ils commencent à trembler en face de Iehouda et de ses frères.
Leur effroi tombe sur les goîm autour d’eux.
26.     Son nom arrive jusqu’au roi.
Tous les peuples parlent des guerres de Iehouda.

Ieroushalaîm désolée

27.     Quand Antiochos entend ces paroles, sa narine brûle,
il rassemble et envoie toute l’armée de son royaume, un camp fort lourd.
28.     Il ouvre ses trésors et donne à son armée la solde d’un an.
Il leur ordonne d’être prêts à toute nécessité.
29.     Il voit que l’argent manque dans ses caisses,
les tributs de la terre sont faibles à cause des dissensions
et du coup qu’a fait venir contre la terre sa demande
d’écarter les lois en vigueur depuis les premiers jours.
30.     Il frémit de ne pas en avoir assez pour les dépenses
et les dons qu’il faisait de temps en temps et qu’il sortait jadis
et prodiguait d’une main large plus que les rois précédents.
31.     Son souffle en est fort affligé. Il décide d’aller en Paras
pour prendre le tribut des provinces et réunir beaucoup d’argent.
32.     Il laisse à Lysias, un homme glorieux de semence royale,
les affaires du roi, du fleuve Perat jusqu’à la frontière de Misraîm,
33.     et d’éduquer son fils Antiochos jusqu’à son retour.
34.     Il lui remet la moitié de la milice avec les éléphants
et lui ordonne tout ce qu’il voulait
en particulier des habitants de Ieroushalaîm et de Iehouda:
35.     envoyer contre eux l’armée pour extirper et détruire l’énergie d’Israël
et le reste de Ieroushalaîm pour effacer du lieu leur souvenir,
36.     installer des étrangers dans toutes leurs frontières
et répartir au sort leur terre.
37.     Le roi prend la moitié restante de la milice
et part d’Antiocheia, capitale de son royaume, en l’an cent quarante-sept.
Il passe le fleuve Perat et traverse les hautes terres.
38.     Lysias choisit Ptolemaïos, fils de Doryménès, Nicanôr et Gorgias,
des hommes de valeur, parmi les amis du roi.
39.     Il envoie avec eux quarante mille hommes et sept mille cavaliers
pour aller en terre de Iehouda et la dévaster selon la parole du roi.
40.     Ils partent avec leur armée,
viennent et campent devant ‘Amaous en terre de plaine.
41.     Les marchands de la terre entendent leur rumeur.
Ils prennent beaucoup d’argent et d’or avec des cordes
et ils viennent au camp prendre les Benéi Israël pour esclaves.
Une armée d’Edôm et de la terre des Pelishtîm s’associe à eux.
42.     Iehouda et ses frères voient que les malheurs se multiplient.
L’armée campe sur leur frontière.
Ils connaissent les paroles du roi, ce qu’il a ordonné de faire
contre le peuple, de le détruire et de l’exterminer.
43.     Ils se disent l’un à l’autre: « Relevons les ruines de notre peuple,
guerroyons pour notre peuple et notre sanctuaire. »
44.     L’assemblée se réunit prête à la guerre, pour prier
et pour demander grâce et pitié.
45.     Ieroushalaîm est désolée comme un désert,
aucun de ses enfants n’en vient ni n’en sort,
le sanctuaire est piétiné, des fils d’étrangers
sont dans la Citadelle, un caravansérail pour les goîm.
La joie disparaît de Ia‘acob, chôment la flûte et la lyre.

À Mispa

46.     Ils se réunissent et viennent à Mispa devant Ieroushalaîm.
Oui, un lieu de prière était à Mispa, jadis en Israël.
47.     Ils jeûnent ce jour-là, se revêtent de sacs,
de la cendre sur la tête, ils déchirent leurs habits.
48.     Ils déploient un volume de la tora
aux passages où les goîm avaient cherché les images de leurs idoles.
49.     Ils apportent les vêtements sacerdotaux, les prémices et les dîmes
et réunissent les nazirs qui avaient accompli leurs jours.
50.     Ils crient de la voix vers le ciel pour dire:
« Que ferons-nous à ceux-là et où les faire aller ?
51.     Ton sanctuaire est piétiné, contaminé
tes desservants sont en deuil et humiliés.
52.     Voici, les goîm sont réunis contre nous pour nous exterminer.
Tu connais, toi, leurs desseins à notre égard.
53.     Comment pourrions-nous tenir en face d’eux, si tu ne nous sauves pas ? »
54.     Ils sonnent des trompettes et crient à grande voix.
55.     Après quoi Iehouda établit des chefs sur le peuple,
des chefs de milliers, des chefs de centaines,
des chefs de cinquantaines et des chefs de dizaines.
56.     Il dit à ceux qui étaient en train de bâtir une maison,
aux fiancés des femmes, aux planteurs de vignobles et aux coeurs mous,
de retourner chacun à sa maison, selon l’ordre de la tora.
57.     Le camp part et campe au sud d’‘Amaous.
58.     Iehouda dit: « Ceignez-vous et soyez des fils de valeur,
prêts, le matin, à guerroyer contre les goîm
qui se sont réunis contre nous pour nous détruire avec notre sanctuaire.
59.     Oui, mieux vaut pour nous de mourir à la guerre
que de voir les malheurs de notre peuple et de notre sanctuaire:
60.     ce que le ciel aura voulu, il l’accomplira. »

Chapitre 4.

Salut pour Israël

1.     Gorgias prend cinq mille hommes et mille cavaliers d’élite,
le camp part de nuit,
2.     pour tomber sur le camp des Iehoudîm et les frapper soudain.
Les hommes de la Citadelle leur servent de guides.
3.     Iehouda entend et part avec les héros
pour frapper l’armée du roi à ‘Amaous
4.     tandis qu’elle était dispersée hors du camp.
5.     Gorgias vient vers le camp de Iehouda de nuit
mais ne trouve pas un homme. Il les cherche dans la montagne.
Oui, il disait: « Ces gens-là se sont enfuis devant nous. »
6.     Au petit jour, Iehouda apparaît dans la plaine avec trois mille hommes,
mais ils n’avaient pas les boucliers ni les épées qu’ils voulaient.
7.     Ils voient le camp des goîm, puissant, fortifié,
avec des cavaliers tout autour, eux tous experts de guerre.
8.     Iehouda dit aux hommes qui sont avec lui:
« Ne frémissez pas de leur foule, ne tremblez pas de leur emportement.
9.     Souvenez-vous comment vos pères furent sauvés dans la mer des Joncs,
quand Pharaon les poursuivit avec une armée.
10.     Maintenant crions vers le ciel.
S’il nous agrée et se souvient du pacte des pères,
il exterminera ce camp en face de nous aujourd’hui.
11.     Tous les goîm sauront qu’il est quelqu’un pour payer la rançon
et un sauveteur pour Israël. »
12.     Les étrangers lèvent leurs yeux et les voient venir contre eux.
13.     Ils sortent du camp pour la guerre.
Ceux de Iehouda sonnent de la trompette.
14.     Ils engagent le combat et battent les goîm qui s’enfuient vers la plaine.
15.     Toute l’arrière-garde tombe sous l’épée,
ils les poursuivent jusqu’à Guèzèr,
jusqu’aux champs d’Edôm, Ashdod et Iabné.
Tombent parmi eux environ trois mille hommes.
16.     Iehouda et l’armée retournent de leur poursuite derrière eux.
17.     Il dit au peuple: « Ne convoitez pas le butin,
oui, la guerre est devant nous.
18.     Gorgias et l’armée dans la montagne sont proches de nous.
Maintenant dressez-vous en face de notre ennemi, guerroyez contre eux.
Après quoi vous prendrez le butin en toute sécurité. »
19.     Iehouda parlait encore quand une section de ceux-là se fait voir,
observant de la montagne.
20.     Ils voient qu’ils ont été battus et que leur camp est en feu,
oui, la fumée est visible et elle leur découvre ce qui est arrivé.
21.     Quand ils le voient, ils s’affolent fort.
22.     Et quand ils voient en outre le camp de Iehouda dans la vallée,
prêt au combat, ils fuient tous vers la terre des Pelishtîm.
23.     Iehouda se retourne pour piller le camp. Il prend beaucoup d’or,
d’argent, d’azur, de pourpre marine, une grande fortune.
24.     À leur retour, ils louangent le ciel:
« Oui, le bien, oui, en pérennité son chérissement. »
25.     Et c’est un grand salut pour Israël, ce jour-là.

Prière de Iehouda

26.     Ceux qui avaient échappé parmi les étrangers viennent
et rapportent à Lysias tout ce qui est advenu.
27.     En l’entendant, il s’affole et perd courage,
car tel n’était pas son désir, ce qui était arrivé à Israël,
et ce que le roi lui avait ordonné, n’avait pas été exécuté.
28.     Au bout d’un an, il réunit soixante mille hommes d’élite
et cinq mille cavaliers pour guerroyer à fond contre eux.
29.     Ils viennent en Edôm et campent à Béit-Sour.
Iehouda, avec dix mille hommes, les rencontre.
30.     Il voit le lourd camp, prie et dit: « Tu es béni,
toi, Sauveur d’Israël, qui as paralysé l’emportement du héros
par la main de David, ton serviteur,
et qui as enfermé le camp des Pelishtîm
aux mains de Ionatân, le fils de Shaoul et du porteur de ses armes.
31.     Enferme donc ce camp en main de ton peuple Israël
et qu’ils blêmissent avec leur armée et leurs chevaux.
32.     Donne-leur de frémir devant toi, brise la fermeté de leur force:
ils trembleront de leur brisure.
33.     Fais-les tomber par l’épée de ceux qui t’aiment
tous ceux qui pénètrent ton nom te louangeront avec des hymnes. »

34.     Ils en viennent aux mains et il tombe du camp de Lysias
jusqu’à cinq mille hommes dans le combat corps à corps.
35.     Voyant le coup porté à sa milice et la fermeté de Iehouda,
qu’ils étaient prêts à vivre ou à mourir avec héroïsme,
Lysias part à Antiocheia recruter une armée de mercenaires
pour monter encore une fois contre Iehouda.

Un nouvel autel

36.     Iehouda et ses frères dirent: « Voici, nos ennemis sont écrasés.
Montons purifier le sanctuaire et l’inaugurer. »
37.     Il rassemble tout le camp et ils montent au mont Siôn.
38.     Ils voient le sanctuaire désolé, l’autel profané, les portes incendiées.
Dans les cours poussent des buissons comme dans une forêt
ou comme sur une montagne. Les salles sont détruites.
39.     Ils déchirent leurs habits, pleurent un grand pleur,
et répandent de la cendre sur leur tête.
40.     Ils tombent sur leurs faces à terre,
ils sonnent l’ovation aux trompettes et clament vers le ciel.
41.     Alors Iehouda dit aux hommes de guerroyer contre la Citadelle,
tandis qu’il purifiait le sanctuaire.
42.     Il choisit des desservants intègres, dévoués à la tora.
43.     Ils purifient le sanctuaire,
et portent les pierres de l’abjection en un lieu contaminé.
44.     Ils délibèrent pour l’autel de la montée qui avait été profané.
Qu’en faire ?
45.     Un bonne pensée s’impose en eux: le démolir
afin qu’il ne soit pas pour eux un opprobre
puisque les goîm l’avaient contaminé. Ils le démolissent.
46.     Ils déposent ses pierres sur le mont de la Maison en un lieu convenable,
jusqu’à ce qu’un inspiré vienne décider sur elles.
47.     Ils prennent des pierres brutes, selon la tora,
et bâtissent un nouvel autel semblable au premier.
48.     Ils bâtissent le sanctuaire, l’intérieur de la maison
et consacrent les cours.
49.     Ils font de nouveaux ustensiles sacrés et introduisent le candélabre,
l’autel de l’encens et la table dans le palais.
50.     Ils encensent l’autel, allument les lampes du candélabre
et illuminent l’intérieur du palais.
51.     Ils mettent sur la table le pain, tendent les rideaux
et achèvent les travaux entrepris.
52.     Ils se lèvent de grand matin le vingt-cinquième jour
de la nouvelle lunaison, c’est la lunaison de Kislév, en l’an cent quarante-huit.
53.     Ils présentent un sacrifice selon la tora
sur le nouvel autel de la montée qu’ils avaient fait.
54.     Au temps et au jour où les goîm l’avaient profané, en ce jour même,
ils l’inaugurent avec des odes, des cithares, des cistres et des cymbales.
55.     Tout le peuple tombe sur ses faces, ils prient,
ils bénissent le ciel qui les avait fait triompher.
56.     Ils fêtent l’inauguration de l’autel huit jours durant.
Ils présentent des montées dans la joie,
ils sacrifient des sacrifices de pacification et de merci.
57.     Ils ornent la façade du temple avec des couronnes d’or
et de petits écussons, ils inaugurent les portes et les salles,
leur font des portails.
58.     C’est une très grande joie dans le peuple
qui bannit la flétrissure des goîm.
59.     Iehouda et ses frères et toute l’assemblée d’Israël
décident que les jours de l’inauguration de l’autel
seraient célébrés à leur rendez-vous chaque année pendant huit jours
à partir du vingt-cinq de la lunaison de Kislév,
dans la joie et l’allégresse.
60.     En ce temps, Iehouda bâtit autour du mont Siôn un haut rempart
et de fortes tours afin que les goîm
ne viennent plus le fouler comme en premier.
61.     Il met une force armée pour le garder.
Il fortifie Béit-Sour pour le garder
afin que le peuple ait une forteresse en face d’Edôm.

Chapitre 5.

Iehouda guerroie

1.     Et c’est quand les goîm des alentours entendent
que l’autel a été bâti et le sanctuaire comme en premier,
ils écument fort.
2.     Ils décident de supprimer la semence de Ia‘acob de leur sein
et commencent à tuer et à détruire le peuple.
3.     Iehouda guerroie contre les Benéi ‘Éssav en Edôm,
contre ‘Aqraba parce qu’ils assiégeaient Israël.
Il les frappe d’un grand coup, les mate et prend leur butin.
4.     Il se souvient des maux infligés par les Benéi Ba‘ân qui étaient
pour le peuple des embûches et un piège, les traquant sur les routes.
5.     Il les enferme dans des tours, campe contre eux et les interdit.
Il incendie ses tours au feu avec tous ceux qui y étaient.
6.     Il passe chez les Benéi ‘Amôn, y trouve une main forte,
un peuple nombreux et Timothéos leur chef.
7.     Il leur fait la guerre à plusieurs reprises,
il les écrase en face de lui et les frappe.
8.     Il prend Ia‘zér et ses essaims puis retourne en Iehouda.
9.     Les goîm qui sont en Guil‘ad se rassemblent contre Israël,
ceux qui étaient en leur frontière, pour les exterminer.
Ils s’enfuient dans la forteresse de Datéma.
10.     Ils envoient des lettres à Iehouda et ses frères pour dire:
« Les goîm, autour de nous, se sont rassemblés pour nous exterminer.
11.     Ils se préparent à venir prendre la forteresse
où nous nous sommes réfugiés. Timothéos conduit leur camp.
12.     Maintenant, viens donc nous secourir de leurs mains.
Oui, beaucoup d’entre nous sont tombés.
13.     Tous nos frères qui se trouvaient en terre de Tobyah ont été mis à mort,
ils ont capturé leurs femmes, leur marmaille et leurs biens,
ils ont tué là environ mille hommes. »
14.     Les lettres se lisaient encore que voici d’autres messagers
venus de Galil, les habits déchirés,
annonçant les mêmes paroles pour dire:
15.     « Les goîm se sont rassemblés contre nous d’‘Ako, de Sor, de Sidôn
et de tout le Galil pour nous achever. »
16.     Entendant ces paroles, Iehouda et le peuple
rassemblent une grande assemblée pour décider que faire
pour leurs frères, ceux qui étaient en harcèlement
et guerroyaient pour se défendre.
17.     Iehouda dit à Shim‘ôn son frère: « Choisis des hommes
et va, délivre tes frères qui sont en Galil.
Moi et Ionatân mon frère, nous irons en Guil‘ad. »
18.     Il laisse Iosseph bèn Zekharyah et ‘Azaryah, les chefs du peuple,
avec le reste de l’armée, en Iehouda, pour la garde.
19.     Il leur ordonne pour dire: « Soyez à la tête de ce peuple,
ne défiez pas les goîm à la guerre jusqu’à notre retour. »
20.     Trois mille hommes sont impartis à Shim‘ôn pour aller en Galil,
huit mille à Iehouda pour Guil‘ad.
21.     Shim‘ôn va en Galil, fait de nombreuses guerres contre les goîm,
les goîm tremblent en face de lui.
22.     Il les poursuit jusqu’aux portes d’‘Ako. Parmi les goîm
environ trois mille hommes tombent; il prend leur butin.
23.     Il prend ceux du Galil et d’Arbatta avec les femmes, la marmaille
et tout ce qui était à eux et les fait aller en Iehouda à grande joie.
24.     Iehouda Maqabi et Ionatân son frère passent le Iardèn
et vont une route de trois jours dans le désert.
25.     Ils rencontrent les Benéi Nebayot qui les accueillent en paix
et leur racontent ce qui était advenu à leurs frères en Guil‘ad,
26.     beaucoup d’entre eux étaient enfermés à Bosorra, à Bosor,
en Héilâm, à Kaspho, à Maqèd et Qarnaîm,
toutes ces villes fortifiées et grandes.
27.     Dans le reste des villes de Guil‘ad, ils étaient enfermés
et le lendemain leurs ennemis ont résolu de les investir
et de tous les exterminer en un seul jour.
28.     Iehouda retourne soudain avec son camp sur la route du désert à Bosorra,
il investit la ville et tue tous les mâles à bouche d’épée.
Il prend tout leur butin et l’incendie au feu.
29.     Il part de là de nuit et va jusqu’à la forteresse.
30.     Et c’est le matin, ils lèvent leurs yeux et voici
un peuple immense innombrable dresse des échelles et des machines
pour investir la forteresse et guerroyer contre eux.
31.     Iehouda voit que la guerre est commencée;
la clameur de la ville monte jusqu’au ciel, la trompette et un grand cri.
32.     Il dit aux hommes de l’armée: « Guerroyez aujourd’hui pour nos frères. »
33.     Il sort derrière eux en trois corps de troupes.
Ils sonnent des trompettes et clament des prières.
34.     Le camp de Timothéos sait que c’est Maqabi, ils s’enfuient en face de lui.
Il les frappe d’un grand coup.
Parmi eux environ huit mille hommes tombent.

Au passage du torrent

35.     Il se dirige vers Héilâm, guerroie contre elle, l’investit,
tue tous ses mâles, prend son butin et l’incendie au feu.
36.     De là, il part et prend Kaspho, Maqèd, Bosor
et le reste des villes de Guil‘ad.
37.     Après ces paroles, Timothéos rassemble un autre camp,
et campe face à Raphôn au passage du torrent.
38.     Iehouda envoie espionner le camp, ils lui rapportent pour dire:
« Tous les goîm d’alentour rassemblent une très grande armée.
39.     Il a soudoyé des ‘Arabîm pour les aider,
ils campent au passage du torrent, prêts à venir en guerre contre toi. »
Iehouda va à leur rencontre.
40.     Tandis que Iehouda et son camp approchent du torrent d’eau,
Timothéos dit au chef de son armée: « S’il vient d’abord contre nous,
nous ne pourrons pas tenir contre lui,
oui, il nous vaincrait, nous vaincrait.
41.     Mais s’il frémit et campe au passage du torrent
nous pourrons passer vers lui et le vaincre. »
42.     Quand Iehouda approche du torrent d’eau,
il place les actuaires du peuple sur le torrent
et leur ordonne pour dire: « Ne donnez à personne de camper;
tous viendront à la guerre. »
43.     Il passe vers eux le premier et tout le peuple derrière lui.
Ils écrasent en face d’eux les goîm.
Ceux-ci jettent leurs armes et s’enfuient au sanctuaire de Qarnaîm.
44.     Ils investissent la ville et incendient au feu le sanctuaire
avec tous ceux qui y étaient. Qarnaîm est renversée:
ils ne peuvent plus tenir en face de Iehouda.
45.     Iehouda rassemble tout Israël qui était au Guil‘ad, du petit au grand,
leurs femmes, leur marmaille, leurs biens,
un très grand camp, pour aller en terre de Iehouda.
46.     Ils viennent jusqu’à ‘Èphrôn; cette ville est grande, sur la route,
très fortifiée, il n’y avait pas à la contourner à droite ou à gauche
mais à aller droit sur elle.
47.     Les hommes de la ville refusent le passage
et obstruent les portes avec des pierres.
48.     Iehouda leur envoie des paroles de paix pour dire:
« Nous passerons sur la terre pour retourner vers notre terre.
Personne ne vous fera de mal: nous passerons seulement, à pied. »
Mais ils ne consentent pas à lui ouvrir.
49.     Iehouda ordonne de faire entendre dans le camp
que chacun campe au lieu où il se trouvait.
50.     Les hommes de l’armée campent et guerroient contre la ville,
tout ce jour et toute la nuit. La ville se livre en ses mains.
51.     Il tue tout mâle à bouche d’épée, la déracine, prend son butin
et va par la route de la ville sur les morts.
52.     Ils passent le Iardèn vers la grande vallée en face de Béit-Sheân.
53.     Et c’est Iehouda, il rassemble tous les traînards
et encourage le peuple sur toute la route
jusqu’à son arrivée en terre de Iehouda.
54.     Ils montent au mont Siôn dans la joie et l’allégresse,
ils présentent des montées, car pas un seul homme
n’était tombé parmi eux jusqu’à leur retour en paix.

À Iabné

55.     Pendant les jours où Iehouda et Ionatân étaient en Guil‘ad
et Shim‘ôn son frère face à ‘Ako,
56.     Iosseph bèn Zekharyah et ‘Azaryah, les chefs de l’armée,
entendent les prouesses et la guerre qu’ils font.
57.     Ils disent: « Faisons-nous aussi un nom.
Allons guerroyer contre les goîm de notre entourage. »
58.     Ils le font savoir aux hommes de l’armée qui sont avec eux
et ils vont à Iabné.
59.     Gorgias sort de la ville avec ses hommes à leur rencontre pour la guerre.
60.     Il écrase Iosseph et ‘Azaryah et les poursuit
jusqu’aux frontières de Iehouda.
Environ deux mille hommes du peuple d’Israël tombent en ce jour.
61.     C’est un grand coup contre le peuple
parce qu’ils n’avaient pas entendu Iehouda et ses frères,
pensant faire des prouesses, eux aussi.
62.     Mais ils n’étaient pas de la semence de ces hommes
par lesquels se donne le salut d’Israël.

63.     L’homme Iehouda et ses frères sont fort glorieux
aux yeux de tout Israël et de tous les goîm où leur nom était prononcé.
64.     Ils s’assemblaient pour les acclamer.
65.     Iehouda et ses frères sortent et guerroient contre les Benéi ‘Éssav
qui sont dans le Nèguèb. Il frappe Hèbrôn et ses essaims,
il démolit ses forteresses et incendie ses tours d’enceinte.
66.     Il part pour aller en terre des Pelishtîm et passe Marésha.
67.     Ce jour des desservants tombent à la guerre,
dans leur désir de faire des prouesses,
en sortant guerroyer imprudemment.
68.     Iehouda se détourne vers Ashdod en terre des Pelishtîm,
il démolit leurs tertres, les statues de leurs idoles,
il l’incendie au feu, pille le butin des villes et retourne en Iehouda.

Chapitre 6.

Antiochos meurt

1.     Le roi Antiochos passe les provinces d’en haut et entend
que la ville d’‘Éïlâm en Paras
est fameuse par sa richesse en argent et en or,
2.     que le sanctuaire, en son sein, est fort riche, avec des tentures d’or,
des cuirasses et des armes qu’avait laissées là
Alexandros fils de Philippos, roi de Makédônia,
qui, le premier, régna chez les Ievanîm.
3.     Il vient et cherche à investir la ville et à la piller,
mais il ne le peut pas parce que le propos en est connu
par les hommes de la ville.
4.     Ils se soulèvent contre lui pour la guerre, il s’enfuit
et s’en va de là avec grand chagrin, pour retourner à Babèl.
5.     Un homme vient à lui en Paras avec l’annonce de la déroute
et de la fuite des camps qui étaient allés en terre de Iehouda.
6.     Lysias avait reculé avec une lourde armée en premier,
puis s’était enfui en face d’eux. Ils s’étaient renforcés
en armes, en troupes et en butin multiple,
pris aux camps qu’ils avaient battus.
7.     Ils avaient brisé l’abjection
qu’il avait bâtie sur l’autel à Ieroushalaîm
et ils avaient entouré de hauts remparts comme en premier
le sanctuaire et Béit-Sour, sa ville.
8.     Quand le roi entend ces paroles, il s’affole fort,
il tombe sur une couche, malade de chagrin,
n’ayant pas ce qu’il avait espéré.
9.     Il est là de nombreux jours,
oui, une profonde dépression s’était abattue sur lui. Il pensait mourir.
10.     Il convoque tous ses amis et leur dit:
« Le sommeil erre loin de mes yeux et mon coeur défaille de tristesse.
11.     Je dis en mon coeur: En quel harcèlement suis-je tombé,
en quelle grande tempête arrivai-je maintenant ?
N’étais-je pas chéri, aimé dans ma puissance ?
12.     Maintenant je me souviens des maux qui j’ai faits à Ieroushalaîm,
j’ai pris tous les objets d’argent et d’or qui y étaient
et j’ai envoyé exterminer les habitants de Iehouda, pour rien.
13.     Je sais que c’est à cause de cela que tous ces maux me trouvent.
Voici, je meurs d’un grand chagrin en terre étrangère. »
14.     Il appelle Philippos, un de ses amis, et le place sur tout son royaume.
15.     Il lui donne son diadème, son manteau et sa bague
et le charge de diriger Antiochos son fils et de l’éduquer à régner.
16.     Antiochos, le roi, meurt là en l’an cent quarante-neuf.
17.     Lysias sait que le roi est mort. Il établit Antiochos son fils,
qu’il avait éduqué dès son enfance, pour qu’il règne à sa place.
Il l’appelle du nom d’Eupatôr.