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Iesha'yahou
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Iesha‘yahou Iesha‘yahou Isaïe
Liminaire pour Iesha‘yahou
Ici retentit la voix du premier des grands prophètes d’Israël, Iesha‘yahou, dont le nom signifie « Yah sauvera », ce qui résume bien son message prophétique. Il est cité vingt-cinq fois dans le Nouveau Testament sous sa forme grecque Esaïas, d’où vient notre Ésaïe ou Isaïe. Sa signification est proche de celle de Iehoshoua‘ (Josué), Hoshéa‘ (Osée), Èlisha‘ (Élie) et Iéshoua‘ (Jésus).
Depuis le commentaire que J. C. Doederlein publia en 1775, il est généralement admis que ce volume comprend deux oeuvres bien distinctes, celle de Iesha‘yahou lui-même (chapitres 1 à 39) et celle du « Second Isaïe » (ou Deutéro-Isaïe), oeuvre anonyme écrite vers 550-540 (chapitres 40 à 66). La présentation de ces deux auteurs en un seul volume existait déjà au IIe siècle avant l’ère chrétienne. La tradition juive concorde avec la chrétienne sur un point: toutes deux ont enseigné que le livre d’Isaïe est l’oeuvre d’un seul homme. Cependant l’hypothèse de Doederlein, reprise en 1780 par J. B. Koppe et avancée dès le XIIe siècle en Espagne par Abrahâm ibn ‘Ezra, a été confirmée par l’ordinateur auquel Y. T. Radday, en 1969 à Jérusalem, donna tous les éléments connus du problème. La réponse fut claire: il n’existe aucune possibilité raisonnable de penser que les deux parties du livre d’Isaïe sont l’oeuvre d’un seul auteur. Depuis la découverte des 66 chapitres d’Isaïe parmi les manuscrits de la mer Morte, W. H. Brownlee pousse la différenciation plus loin. Il pense que les 33 premiers chapitres de l’oeuvre forment un tout autonome nanti d’un appendice historique (chapitres 36 à 39). D’autres critiques considèrent que les dix derniers chapitres du volume ont été écrits par un Troisième Isaïe (Trito-Isaïe), le chantre de la fin des temps (chapitres 56 à 66).
La première partie de la vie publique de Iesha‘yahou (vers 739-732) commence par l’illumination qui s’empare de lui au sanctuaire de Jérusalem (chapitre 6). À l’appel de IHVH-Adonaï il répond: Me voici, envoie-moi. Il accepte d’être le regard et la voix de IHVH-Adonaï parmi un peuple et une humanité en plein désarroi. Il joue un rôle public lorsque la Syrie et Israël envahissent le royaume de Juda (733).
Comme le roi Ahaz (Achaz) passe outre à ses conseils, l’inspiré se retire de la vie publique: l’alliance avec l’Assyrie le renvoie à ses solitudes et à son silence (8,16-18). On suppose que, pendant ses années de désert, sa contemplation s’approfondit et qu’un cercle d’adeptes se forme autour de lui.
Quand Hizqyahou (Ézéchias), le fils et successeur d’Ahaz, règne sur Iehouda (716-687), Iesha‘yahou est plus libre d’exprimer ses pensées: l’une de ses « charges » date de l’année de la mort d’Ahaz (14,28-32). Alors, le roi Hizqyahou résiste un temps aux tentatives faites par l’Égypte pour l’entraîner dans la rébellion contre l’alliance assyrienne. Mais il finit par céder à la tentation d’une révolte dont il voit les avantages sans en mesurer tous les risques.
En 701, Sanhérib (Sennachérib) envahit le royaume de Iehouda, déporte la population des campagnes et met le siège devant Jérusalem; mais, comme Iesha‘yahou l’annonçait, l’impossible se réalise et la ville est sauvée (2 R 19,36; Is 37,36).
Ce poète et ce voyant est aussi un homme d’action qui sait faire entendre sa voix aux rois et aux hommes d’État, toujours prêt d’ailleurs à signer de son sang l’authenticité de ses paroles. Il entend servir de voix à son Elohîms et, à longueur de vie, il ne se départit jamais d’une certitude que fonde sa parfaite adhérence à l’être et au vouloir de IHVH-Adonaï. Homme politique dans le sens le plus élevé du terme, il préconise une politique de neutralité entre les deux blocs qui se partagent alors le Proche-Orient. C’était à coup sûr la voie la plus juste, même si elle pouvait paraître utopique au regard du réalisme politique des gouvernants de son pays.
Iesha‘yahou est un poète-né et l’un des plus grands d’Israël, créateur génial d’une langue qui ne cesse de nous émouvoir et de nous inspirer. Son style est toujours simple et direct. Mais son expérience humaine, large et profonde, donne une incomparable incandescence à son verbe et à sa pensée.
Car, par-dessus tout, l’inspiré est un contemplatif qui nous communique, avec sa vision, tout l’éclat de son illumination intérieure. Sa théologie, sans être dogmatique, émane du témoignage de sa personne, et explicitement ou implicitement de ses écrits.
Le Second et le Troisième Isaïe
À partir du chapitre 40, le livre nous fait faire un bond de deux siècles environ, passant de l’époque royale (VIIIe siècle) à celle de l’exil à Babylone (VIe siècle). C’est là que vit l’auteur des chapitres 40 à 55 d’Isaïe. L’exil d’Israël et de Iehouda, tant de fois prédit dans la Bible, et d’abord par Moshè, est maintenant un fait accompli. Jérusalem et le Temple sont en ruine, mais ils seront reconstruits grâce à Korésh (Cyrus), ainsi que l’annonce l’inspiré (44,26-28). Babylone sera châtiée, tandis que IHVH-Adonaï apportera à son peuple le réconfort promis.
Nous ne connaissons rien de l’auteur. Rien, dans le texte, ne transparaît de sa personne ni de sa vie, sinon sa vision et son style: nous sommes ici, du début à la fin, sur les hautes cimes de la révélation biblique.
Quant au chapitre 56 à 66, ils sont considérés par de nombreux critiques comme ayant été écrits en terre d’Israël vers la même époque, juste avant ou immédiatement après le retour d’exil.
Chapitre 1.
Contemplation
1. Contemplation de Iesha‘yahou bèn Amos,
qu’il contempla sur Iehouda et Ieroushalaîm
aux jours d’‘Ouzyahou, Iotâm,
Ahaz et Hizqyahou, rois de Iehouda.
2. Entendez, ciels; écoute, terre: oui, IHVH-Adonaï parle !
« J’ai fait grandir, j’ai élevé des fils; mais ils ont fait carence contre moi.
3. Le boeuf connaît son acheteur; l’âne, la crèche de son maître.
Israël ne connaît pas, mon peuple ne discerne pas. »
4. Hoïe ! Nation fautive, peuple lourd de tort,
semence de malfaiteurs, fils destructeurs !
Ils ont abandonné IHVH-Adonaï, dédaigné le sacré d’Israël.
Ils s’aliènent en arrière.
5. Sur quoi serez-vous frappés ? Vous ajoutez encore l’écart !
Toute tête est malade, tout coeur dolent !
6. De la plante du pied jusqu’à la tête, rien d’intact.
Plaie, blessure, coup frais,
n’ont pas été cautérisés, bandés, ni ramollis avec de l’huile.
7. Votre terre, une désolation; vos villes, incinérées au feu.
Votre glèbe, contre vous des étrangers la mangent,
une désolation, comme au déversement de trombes.
La fille Siôn
8. Reste la fille Siôn, comme une cabane dans un vignoble,
comme un gîte dans une melonnière, comme une ville assiégée !
9. Si IHVH-Adonaï Sebaot ne nous avait laissé un vestige,
nous serions presque comme Sedôm, à ‘Amora, nous ressemblerions.
10. Entendez la parole de IHVH-Adonaï, alcades de Sedôm !
Écoutez la tora de notre Elohîms, peuple d’‘Amora !
11. « Pourquoi la multitude de vos sacrifices pour moi ? dit IHVH-Adonaï.
Je suis rassasié des montées de béliers, de la graisse des buffles;
je n’ai pas désiré le sang des bouvillons, des moutons, des menons.
12. Oui, vous venez pour être vus de mes faces.
Qui demande cela de votre main: piétiner mes cours ?
13. Ne continuez pas à faire venir l’offrande vaine.
L’encens m’est une abomination. De la lunaison, du shabat,
de la vocation criée, je n’en peux plus, fraude et férie !
14. Vos lunaisons, vos rendez-vous, mon être les hait;
ils sont pour moi un fardeau. Je suis excédé d’en être chargé.
15. Au déploiement de vos paumes, j’occulte mes yeux loin de vous.
Aussi, oui, vous multipliez la prière; mais je n’entends pas.
Vos mains sont pleines de sang.
Arguons ! dit IHVH-Adonaï
16. Baignez-vous, épurez-vous, écartez le mal
de vos agissements contre mes yeux, cessez de méfaire,
17. apprenez à bien faire, consultez le jugement, mettez au pas le brutal,
faites justice à l’orphelin, combattez pour la veuve !
18. Allez donc, arguons ! dit IHVH-Adonaï. Si vos fautes sont comme l’écarlate,
comme la neige elles blanchiront;
rouges comme la cochenille, elles seront comme laine.
19. Si vous consentez et entendez, vous mangerez le meilleur de la terre.
20. Si vous refusez et vous vous rebellez, vous serez mangés par l’épée. »
Oui, la bouche de IHVH-Adonaï parle.
Comme en premier
21. Quoi ! elle est devenue une putain, la cité de l’adhérence ?
Pleine de jugement, la justice nuitait en elle.
Mais maintenant, des meurtriers.
22. Ton argent est en scories, et dilué d’eau ton nectar.
23. Tes chefs, des dévoyés, amis de voleurs !
Tous aiment le pot-de-vin, poursuivent les payes.
L’orphelin, ils ne le jugent pas;
le procès de la veuve ne vient pas devant eux.
24. Aussi, harangue de l’Adôn, IHVH-Adonaï Sebaot, le meneur d’Israël:
Oïe ! je me réconforte de mes oppresseurs et me venge de mes ennemis !
25. Je retourne ma main contre toi,
j’épure comme à la potasse tes scories,
j’écarte tous tes mâchefers.
26. Je ferai retourner tes juges comme en premier,
tes conseillers comme au commencement.
Après quoi tu seras criée ville de la justice, cité de l’adhérence.
Les relaps (Les Déserteurs)
27. Siôn sera rachetée par le jugement,
ses retournants par la justification.
28. Brisure des carents et des fauteurs, unis;
les relaps de IHVH-Adonaï seront achevés.
29. Oui, ils blêmirent pour les pistachiers que vous convoitiez,
érubescents pour les jardins que vous choisissiez.
30. Oui, vous serez comme le pistachier dont la feuille fane,
comme un jardin qui n’a pas d’eau.
31. Le puissant est une étoupe, son oeuvre étincelle,
ils brûlent, les deux ensemble, et nul n’éteint.
Chapitre 2.
La lumière de IHVH-Adonaï
1. La parole que contemplait Iesha‘yahou bèn Amos
sur Iehouda et Ieroushalaîm.
2. Et c’est dans l’après des jours, le mont de la maison de IHVH-Adonaï
sera ferme en tête des monts, élevé plus que les collines.
Toutes les nations afflueront vers lui.
3. Des peuples se multiplieront et diront: Allez ! Montons au mont de IHVH-Adonaï,
à la maison de l’Elohîms de Ia‘acob.
Il nous enseigne ses routes; allons dans ses voies.
Oui, de Siôn sort la tora, et la parole de IHVH-Adonaï de Ieroushalaîm.
4. Il jugera les nations, il persuadera des peuples multiples.
Ils forgeront leurs épées en socs, leurs lances en serpes.
Une nation contre une nation ne portera plus l’épée,
et ils n’apprendront plus la guerre.
5. Maison de Ia‘acob, allez ! Allons dans la lumière de IHVH-Adonaï !
Il est un jour...
6. Oui, tu as lâché ton peuple, la maison de Ia‘acob;
oui, ils sont pleins, plus que le Levant;
et ils augurent comme des Pelishtîm;
d’enfants d’étrangers, ils se suffisent.
7. Sa terre s’emplit d’argent et d’or, sans fin à ses trésors;
sa terre s’emplit de chevaux, sans fin à ses chariots.
8. Sa terre s’emplit d’idoles; ils se prosternent devant l’oeuvre de ses mains,
devant ce qu’ont fait ses doigts.
9. Il s’incline, l’humain, il s’abaisse, l’homme ! Ne les élève pas !
10. Viens dans le roc, enfouis-toi dans la poussière,
face au tremblement de IHVH-Adonaï, à la splendeur de son génie.
11. Les yeux hautains, l’humain abaissé, elle s’incline, l’altesse des hommes;
il culmine, IHVH-Adonaï, lui seul, en ce jour.
12. Oui, c’est le jour de IHVH-Adonaï Sebaot, contre tout orgueilleux, tout altier,
contre tout élevé, pour qu’il soit abaissé;
13. contre tous les cèdres du Lebanôn, altiers et élevés,
contre tous les chênes de Bashân;
14. contre tous les monts altiers, contre toutes les collines élevées;
15. contre toute haute tour, contre tout rempart fortifié;
16. contre tous les navires de Tarshish, contre tous les spectacles convoités.
17. La hauteur de l’humain s’incline, l’altesse des hommes s’abaisse.
Il culmine, IHVH-Adonaï seul, en ce jour.
18. Mais ces idoles disparaîtront toutes.
19. Ils viennent aux grottes des rocs, aux trous dans la poussière,
face au tremblement de IHVH-Adonaï, à la splendeur de son génie,
en son surgissement pour terrifier la terre.
20. En ce jour l’humain jettera ses idoles d’argent et ses idoles d’or,
qu’ils lui faisaient pour se prosterner, aux taupes, aux chauves-souris,
21. pour venir aux creux des rocs, aux fissures des rochers,
face au tremblement de IHVH-Adonaï, à la splendeur de son génie,
en son surgissement pour terrifier la terre.
22. Cessez avec l’humain qui a une haleine en sa narine;
oui, en quoi compte-t-il, lui ?
Chapitre 3.
Sans soutien
1. Oui, voici l’Adôn, IHVH-Adonaï Sebaot.
Il écarte de Ieroushalaîm et de Iehouda le soutien et le soutènement;
tout soutien de pain, tout soutien d’eau,
2. le héros, l’homme de guerre, le juge, l’inspiré, le charmeur, l’ancien,
3. le chef de cinquante, l’élevé des faces,
le conseiller, le sage, l’artisan, le discerneur du chuchotement.
4. Je leur donne des adolescents pour chefs; des puérils les gouvernent.
5. Le peuple tyrannisé, homme contre homme,
homme contre son compagnon, ils subjuguent
l’adolescent contre l’ancien, le maudit contre le glorieux.
6. Oui, l’homme saisit son frère, de la maison de son père:
« À toi la tunique; sois alcade, cette embûche sous ta main. »
7. Il élèvera, ce jour, pour dire: « Je ne suis pas un infirmier;
dans ma maison pas de pain et pas de tunique.
Ne me mettez pas pour alcade du peuple. »
8. Oui, Ieroushalaîm a trébuché, Iehouda est tombé;
oui, leur langue et leurs agissements sont contre IHVH-Adonaï,
pour se rebeller aux yeux de sa gloire.
9. L’expression de leurs faces répond contre eux;
leurs fautes, comme Sedôm, ils les rapportent sans les masquer.
Oïe, leur être, oui, ils se rétribuent de malheur.
10. Dites: « Le juste, oui, c’est bien;
le fruit de leurs agissements, oui, ils le mangent.
11. Oïe, le criminel, le mal,
oui, la rétribution de ses mains lui est faite. »
12. Mon peuple ! Ses tyrans ? Un nourrisson; des femmes le gouvernent !
Mon peuple, tes laudateurs te font vaguer.
Ils l’ont engloutie, la route de tes voies.
13. IHVH-Adonaï se poste pour combattre, il se tient pour le verdict des peuples.
14. IHVH-Adonaï au jugement vient avec les anciens de son peuple et ses chefs:
« Vous avez brûlé le vignoble,
la rapine prise à l’humilié est dans vos maisons.
15. Qu’avez-vous à accabler mon peuple,
à moudre les faces des humiliés ? » harangue d’Adonaï, IHVH-Elohîms Sebaot.
Aux filles de Siôn
16. IHVH-Adonaï dit: Puisque les filles de Siôn s’exaltent,
vont la gorge tendue, lorgnant des yeux,
vont en trépidant, vont en cliquetant des pieds,
17. Adonaï pèle l’occiput des filles de Siôn; IHVH-Adonaï dénude leur vulve.
18. En ce jour, Adonaï écarte la splendeur des chevillières,
lunules, pendentifs,
19. rivières, chaînettes, voilettes,
20. coiffes, gourmettes, rubans, maisons d’âme, amulettes,
21. bagues, anneaux de narine,
22. parures, pèlerines, écharpes, réticules,
23. miroirs, draperies, tiares, broches.
24. Et c’est, à la place d’aromate, la putréfaction;
à la place de ceinture, l’alganon;
à la place d’ondulation, la calvitie;
à la place de la chamarrure, une ceinture de sac;
le stigmate à la place de la beauté.
25. Tes mortels tombent par l’épée, tes héros à la guerre.
26. Elles geignent et s’endeuillent, ses ouvertures.
Nettoyée, elle siège à terre.
Chapitre 4.
Un dais de gloire
1. Sept femmes attraperont un seul homme en ce jour-là, pour dire:
« Nous mangerons de notre pain, nous nous vêtirons de notre tunique.
Que seulement ton nom soit crié sur nous ! Élimine notre flétrissure. »
2. En ce jour-là le germe de IHVH-Adonaï sera gazelle, gloire,
fruit de la terre, génie, splendeur pour le rescapé d’Israël.
3. Et c’est, qui reste à Siôn, qui subsiste à Ieroushalaîm:
« Sacré », sera-t-il dit de lui,
de tout inscrit pour la vie, à Ieroushalaîm.
4. Quand Adonaï aura lavé l’excrément des filles de Siôn
et les sangs de Ieroushalaîm, il les bannira de ses entrailles,
au souffle du jugement, au souffle brûlant.
5. IHVH-Adonaï crée sur toute l’assise du mont Siôn et sur ses vocations
une nuée le jour, une fumée, et la fulguration d’un feu flamboyant, la nuit.
Oui, sur toute gloire un dais;
6. une cabane sera l’ombre, le jour, contre la sécheresse;
pour abri et pour voile contre la trombe, contre la pluie.
Chapitre 5.
Poème de la vigne
1. Je poétise donc pour mon ami le poème de mon amant à son vignoble.
Il était un vignoble à mon ami à la Corne de Bèn Shèmèn.
2. Il le sarcle, le plante de pampre,
bâtit une tour en son sein, y creuse aussi une cuve.
Il espère faire des raisins mais en fait d’infects.
3. Maintenant, habitant de Ieroushalaîm, homme de Iehouda,
juge-moi donc avec mon vignoble.
4. Que faire encore pour mon vignoble que je n’aie fait ?
Pourquoi ? J’espérais faire des raisins; mais il en a fait d’infects.
5. Maintenant, je vous fais donc pénétrer
ce que je fais à mon vignoble, écarter sa treille,
elle est à brûler; faire brèche en sa claie, elle est à piétiner.
6. Je la mets en friche. Elle ne sera ni recepée ni sarclée.
Monte le paliure avec la broussaille.
J’ordonne aux nébulosités de ne pas y faire pleuvoir de pluie.
7. Oui, le vignoble de IHVH-Adonaï Sebaot, c’est la maison d’Israël,
l’homme de Iehouda, le plant de sa délectation.
Il espérait un jugement, et voici la pelade,
la justification, et voici la vocifération.
Le Shéol s’élargit
8. Oïe, parvenus de maison en maison, de champ en champ,
ils luttent jusqu’à épuisement du lieu.
Vous habitez seuls l’entraille de la terre.
9. À mes oreilles, IHVH-Adonaï Sebaot !
N’est-ce pas, maintes maisons seront désolées;
grandes et bonnes, mais sans habitant ?
10. Oui, dix couples de vignobles feront un seul bat,
un homèr de semence fera un épha.
11. Hoïe, matineux du matin ! Ils poursuivent la liqueur;
retardataires, le vin les allume,
12. et c’est la lyre, la harpe,
le tambourin, la flûte, le vin de leurs beuveries !
Ils ne regardent pas l’acte de IHVH-Adonaï;
l’oeuvre de ses mains, ils ne la voient pas.
13. Aussi mon peuple est exilé, faute de pénétration;
sa gloire, des mortels affamés; sa foule, gercée de soif.
14. Aussi, le Shéol élargit son être, sa bouche bée sans limite.
Y descendent sa parure, son bruit, sa foule, son tumulte,
et celui qui exultait.
15. L’humain s’incline, l’homme s’abaisse;
les yeux des hautains s’abaissent.
16. IHVH-Adonaï Sebaot se hausse au jugement;
l’Él, le consacré, consacré par la justification.
17. Les moutons paissent, comme en leur pacage;
sur les ruines des nantis, des métèques mangent.
18. Hoïe, tireurs du tort aux cordes vaines,
et de la faute, comme avec les brides d’une charrette !
19. Ceux qui disent: « Qu’il se hâte, qu’il accélère son oeuvre,
pour que nous voyions ! Qu’il approche et vienne,
le conseil du sacré d’Israël, nous le pénétrerons ! »
20. Hoïe, ceux qui disent du mal, bien; du bien, mal;
qui mettent ténèbre pour lumière, et lumière pour ténèbre,
qui mettent amertume pour douceur, et douceur pour amertume !
21. Hoïe, sages à leurs yeux, et contre leurs faces sagaces !
22. Hoïe, héros pour boire du vin,
hommes de valeur pour malaxer l’hydromel !
23. Justificateurs du criminel au talon d’un pot-de-vin,
ils écartent de lui la justification.
Silex et ouragan
24. Aussi, comme la langue de feu mange la paille,
et le foin se relâche dans la flamme,
leur racine est comme une putréfaction,
leur fleur monte comme une poudre.
Oui, ils ont rejeté la tora de IHVH-Adonaï Sebaot;
le dit du sacré d’Israël, ils l’ont dédaigné.
25. Aussi la narine de IHVH-Adonaï brûle contre son peuple;
il tend la main contre lui et le frappe.
Les monts s’agitent, leur charogne est comme à l’entraille des allées.
Malgré tout cela, sa narine ne s’est pas retournée,
et sa main est encore brandie.
26. Il élève une bannière pour les nations, au loin.
Il le siffle du bout de la terre, et voici, vite, léger, il vient.
27. Pas de fatigué, pas de trébuchant en lui;
il ne somnole pas, ne sommeille pas;
le ceinturon de ses lombes ne s’est pas ouvert,
le lacet de ses sandales ne s’est pas rompu.
28. Ses flèches sont affûtées, tous ses arcs tendus,
les sabots de ses chevaux sont comptés pour silex, ses roues pour ouragan.
29. À lui le rugissement, comme une lionne;
il rugit comme les lionceaux et rauque;
il saisit la proie, la ravit, et pas de sauveteur.
30. Il rauque contre lui, ce jour, comme le rauquement de la mer.
La terre se regarde et voici, ténèbre, oppression.
La lumière s’enténèbre en ses embruns.
Chapitre 6.
Iesha‘yahou voit Adonaï
1. L’année de la mort du roi ‘Ouzyahou,
je vois Adonaï assis sur le trône altier et élevé.
Ses bords remplissent le palais.
2. Des seraphîm se tiennent au-dessus de lui,
six ailes, six ailes, l’un. De deux, il couvre ses faces;
de deux, il couvre ses pieds; de deux, il vole.
3. L’un à l’autre crie et dit: « Sacré, sacré, sacré, IHVH-Adonaï Sebaot;
la plénitude de toute la terre, sa gloire ! »
4. Les coudées des seuils se meuvent à la voix du crieur;
la Maison se remplit de fumée.
5. Je dis: « Oïe, moi ! Oui, anéanti;
oui, homme contaminé des lèvres, moi-même;
au sein d’un peuple contaminé des lèvres moi-même j’habite.
Oui, mes yeux ont vu le roi, IHVH-Adonaï Sebaot. »
6. L’un des seraphîm vole vers moi, un brandon dans sa main.
Il l’a pris avec des pincettes sur l’autel.
7. Il touche ma bouche et dit: « Voici, ceci a touché tes lèvres.
Ton tort est écarté, ta faute absoute. »
8. J’entends la voix d’Adonaï disant: « Qui enverrai-je ?
Qui ira pour nous ? » Je dis: « Me voici ! Envoie-moi ! »
9. Il dit: « Va, dis à ce peuple:
‹ Entendez, entendez, mais vous ne discernerez pas.
Voyez, voyez, mais vous ne pénétrerez pas. ›
10. Engraisse le coeur de ce peuple, alourdis ses oreilles,
ternis ses yeux, qu’il ne voie de ses yeux,
n’entende de ses oreilles, que son coeur ne discerne,
qu’il ne retourne et sois guéri. »
11. Je dis: « Jusqu’à quand, Adonaï ? »
Il dit: « Jusqu’à ce que les villes soient dévastées,
sans un habitant, les maisons sans un humain,
et que la glèbe soit dévastée en désolation.
12. IHVH-Adonaï éloigne l’humain, l’abandon se multiplie au sein de la terre.
13. Il est encore en elle un dixième, il retourne et il est à brûler.
Mais comme le pistachier et comme le chêne,
qui, abattus, ont une souche, la semence sacrée a sa souche. »
Chapitre 7.
Sois calme
1. Et c’est aux jours d’Ahaz bèn Iotâm bèn ‘Ouzyahou, roi de Iehouda,
Resîn, roi d’Arâm, monte à Ieroushalaîm
avec Pèqah bèn Remalyahou, roi d’Israël, en guerre contre elle;
mais il ne peut guerroyer contre elle.
2. C’est rapporté à la maison de David pour dire:
« Arâm se repose sur Èphraîm. »
Son coeur se meut avec le coeur de son peuple,
comme se meuvent les arbres de la forêt, face au souffle.
3. IHVH-Adonaï dit à Iesha‘yahou:
« Sors donc à l’abord d’Ahaz, toi et Shear Iashoub, ton fils,
du canal de la piscine supérieure, au sentier du Champ du Foulon.
4. Dis-lui: Prends garde et sois calme.
Tu ne frémiras pas, ton coeur ne s’attendrira pas
de ces deux queues de tisons fumants,
à la brûlure de narine de Resîn, d’Arâm et de Bèn Remalyahou.
5. Puisqu’Arâm conseille contre toi le malheur,
avec Èphraîm et Bèn Remalyahou, pour dire:
6. ‹ Montons contre Iehouda, amputons-le, pourfendons-le pour nous;
faisons régner un roi en son sein, Bèn Tobal ›,
7. ainsi dit Adonaï IHVH-Elohîms: ‹ Cela ne se lèvera pas et ne sera pas.
8. Oui, tête d’Arâm, Damèssèq, tête de Damèssèq, Resîn.
Dans soixante-cinq ans, Èphraîm sera un peuple cassé.
9. Tête d’Èphraîm, Shomrôn; tête de Shomrôn, Bèn Remalyahou.
Si vous n’adhérez pas, non, vous n’aurez pas d’adhérence ›. »
‘Imanou-Él
10. IHVH-Adonaï continue à parler à Ahaz pour dire:
11. « Demande pour toi un signe de IHVH-Adonaï, ton Elohîms;
plonge au Shéol ou hausse-toi en haut. »
12. Ahaz dit: « Je ne demanderai rien, je n’éprouverai pas IHVH-Adonaï. »
13. Il dit: Entendez donc, maison de David:
Est-ce peu pour vous d’excéder les hommes,
que vous excédiez aussi mon Elohîms ?
14. Aussi Adonaï, lui, vous donnera un signe.
Voici, la nubile sera grosse; elle enfantera un fils.
Elle criera son nom: ‘Imanou-Él, « Él-avec-nous ».
15. Il mangera du beurre et du miel,
pour qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
16. Oui, avant que l’adolescent sache rejeter le mal et choisir le bien,
la glèbe sera abandonnée, là où tu abhorres, en face de ses deux rois.
17. IHVH-Adonaï fera venir contre toi, contre ton peuple,
contre la maison de ton père, des jours qui n’étaient pas venus
depuis le jour où Èphraîm s’est écarté de Iehouda: le roi d’Ashour.
La terre en broussaille
18. Et c’est en ce jour, IHVH-Adonaï sifflera la mouche,
celle du bout des Ieor de Misraîm,
et l’abeille, celle de la terre d’Ashour.
19. Elles viennent et se reposent toutes aux torrents des précipices,
aux crevasses des rochers, dans tous les nerpruns, dans tous les maquis.
20. En ce jour, Adonaï tondra avec un rasoir loué
l’au-delà du Fleuve, le roi d’Ashour, la tête et le poil de ses jambes.
Même la barbe disparaîtra.
21. Et c’est en ce jour, chaque homme fera vivre
un veau de bovin et deux ovins.
22. Et c’est à trop faire de lait, il mangera le beurre.
Oui, le beurre et le miel, il les mangera,
celui qui restera aux entrailles de la terre.
23. Et c’est en ce jour,
tout lieu où il était mille ceps, à mille pièces d’argent,
sera en paliure et broussaille.
24. Avec les flèches, avec l’arc, il viendra là;
oui, toute la terre sera en paliure et broussaille.
25. Tu ne viendras pas là, sur tous les monts sarclés au sarcloir,
en frémissant du paliure, de la broussaille.
C’est pour l’envoi du boeuf, pour le piétinement de l’agneau.
Chapitre 8.
Mahér shalal hash baz
1. IHVH-Adonaï me dit: « Prends pour toi un grand rouleau.
Écris dessus à stylet d’homme:
Lemahèr shalal hash baz, ‹ Vite au butin, presse, pille ›. »
2. Je fais témoigner pour moi des témoins qui adhèrent:
Ouryah, le desservant, et Zekharyah bèn Iebèrèkhyah.
3. Je m’approche de l’inspirée. Enceinte, elle enfante un fils.
IHVH-Adonaï me dit: « Crie son nom:
Mahér shalal hash baz, ‹ Vite au butin, presse, pille ›.
4. Oui, avant que l’adolescent ne sache crier: ‹ Mon père › et ‹ Ma mère ›,
l’armée de Damèssèq sera emportée avec le butin de Shomrôn,
en face du roi d’Ashour. »
5. IHVH-Adonaï continue à me parler encore pour dire:
6. « Puisque ce peuple a rejeté les eaux de Shiloah, qui vont lentement,
et qu’il est en liesse avec Resîn et Bèn Remalyahou,
7. aussi, voici: Adonaï fait monter contre eux les eaux du fleuve,
vigoureuses, multiples, le roi d’Ashour et toute sa gloire.
Il monte contre tous ses ruisseaux, il va sur toutes ses rives.
8. Il coule en Iehouda, inonde et passe, arrive jusqu’au cou,
et c’est le déploiement de ses ailes
sur la pleine largeur de la terre, ‘Imanou-Él !
9. Méfaites, peuples, effarez-vous ! Écoutez tous, lointains de la terre.
Ceignez-vous, effarez-vous; ceignez-vous, effarez-vous !
10. Conseillez un conseil, il sera annulé.
Parlez une parole, elle ne se lèvera pas. Oui, ‘Imanou-Él ! « Él-avec-nous ! »
J’attends IHVH-Adonaï
11. Oui, ainsi m’a dit IHVH-Adonaï, à force de main.
Il me corrige pour ne pas aller sur la route de ce peuple et dire:
12. « Ne dites pas: ‹ Complot ! › de tout ce dont ce peuple dit: ‹ Complot ! ›
De son frémissement, ne frémissez pas, ne soyez pas terrorisés.
13. IHVH-Adonaï Sebaot, lui, sacralisez-le,
lui votre frémissement, lui, votre effroi.
14. Et c’est en sanctuaire, une pierre d’achoppement,
un roc en embûche pour les deux maisons d’Israël;
piège et trappe pour l’habitant de Ieroushalaîm.
15. Ils trébuchent sur eux, multiples;
ils tombent et se brisent, piégés, capturés.
16. Enserre le témoignage, scelle la tora pour mes appreneurs. »
17. J’attends IHVH-Adonaï qui voile ses faces à la maison de Ia‘acob; j’espère en lui.
18. Me voici moi-même avec les enfants que IHVH-Adonaï m’a donnés,
en signes et prodiges pour Israël,
de la part de IHVH-Adonaï Sebaot, qui demeure au mont Siôn.
19. Oui, ils vous diront: « Consultez les nécromants, les devins,
les siffloteurs, les roucouleurs !
Un peuple ne consulterait-il pas ses Elohîms, les morts pour les vivants ? »
20. À la tora et au témoignage !
Ne vous diront-ils pas cette parole qui n’a pas d’aube ?
21. Il y passe, endurci, affamé.
Et c’est: oui, il est affamé, il écume;
il maudit son roi et son Elohîms, les faces vers le haut.
22. Puis il regarde la terre; et voici, détresse et ténèbre,
assombrissement, angoisse, obscurité, bannissement.
23. Non, pas d’exténuation pour celui qui l’a mise dans l’angoisse.
Au premier temps, il avait allégé
la terre de Zebouloun et la terre de Naphtali;
au dernier, il s’alourdit sur la route de la mer,
au-delà du Iardèn, Galil des nations.
Chapitre 9.
Le prince de la paix
1. Le peuple qui allait dans la ténèbre voit une grande lumière;
sur les habitants de la terre d’ombremort fulgure la lumière.
2. Tu as multiplié la nation; pour lui tu as grandi la joie.
Ils se sont réjouis en face de toi, comme dans la joie de la moisson,
comme ils s’éjouiront en répartissant le butin.
3. Oui, le joug de son portage, la branche de son épaule,
le rameau qui le tyrannisait, tu les as écrasés comme au jour de Midiân.
4. Oui, toute botte qui bottait avec trépidation,
tunique roulée dans le sang, sont à incinérer, mangeaille du feu.
5. Oui, un enfant est enfanté pour nous, un fils nous est donné.
Et c’est l’autorité sur son épaule.
Il crie son nom: « Merveilleux conseiller, héros d’Él,
père pour toujours, prince de la paix »,
6. pour multiplier l’autorité, pour la paix sans fin
sur le trône de David et sur son royaume,
pour l’affermir et le restaurer par le jugement et la justification,
désormais et en pérennité.
L’ardeur de IHVH-Adonaï Sebaot fera cela.
La main brandie
7. Adonaï envoie une parole en Ia‘acob; elle tombe sur Israël.
8. Tout le peuple le pénètre, Èphraîm et l’habitant de Shomrôn,
avec orgueil et grandeur du coeur, pour dire:
9. « Les briques étant tombées, nous bâtirons en pierre meulières;
les sycomores étant abattus, nous les remplaceront par des cèdres. »
10. Mais IHVH-Adonaï fait culminer les adversaires de Resîn contre lui;
il excite ses ennemis,
11. Arâm au levant, les Pelishtîm par-derrière,
mangent Israël à toute bouche.
Malgré tout, sa narine ne s’est pas retournée,
sa main est encore brandie.
12. Le peuple n’est pas retourné à son frappeur;
ils n’ont pas consulté IHVH-Adonaï Sebaot.
13. IHVH-Adonaï tranche d’Israël la tête et la queue,
la palme et le scirpe en un jour.
14. L’ancien, l’élevé des faces, c’est la tête;
l’inspiré, l’enseigneur du mensonge, c’est la queue.
15. Mais les entraîneurs de ce peuple font divaguer;
et ceux qu’ils entraînent sont engloutis.
16. Aussi Adonaï ne se réjouira pas pour ses élites;
ses orphelins, ses veuves, il ne les matriciera pas.
Oui, son tout est hypocrisie et malfaisance,
toute bouche parle de charogne.
Malgré tout, sa narine ne s’est pas retournée,
sa main est encore brandie.
17. Oui, le crime s’est attisé comme un feu.
Il mange le paliure et la broussaille;
il allume les halliers de la forêt.
18. Les volutes de fumée se contorsionnent;
dans l’emportement de IHVH-Adonaï Sebaot, la terre suffoque.
Le peuple est comme une mangeaille de feu,
l’homme ne compatit pas à son frère.
19. Il taille à droite, affamé ! Il mange à gauche, non rassasié !
L’homme mange la chair de son bras,
20. Èphraîm contre Menashè, Menashè contre Èphraîm,
eux unis contre Iehouda. Malgré tout, sa narine
ne s’est pas retournée, sa main est encore brandie.
Chapitre 10.
Dictateurs du tracas
1. Hoïe, législateurs des lois de fraude, dictateurs qui dictez le tracas,
2. pour incliner le procès des chétifs,
pour voler le jugement des humiliés de mon peuple,
pour faire des veuves leur butin et piller les orphelins.
3. Mais que ferez-vous au jour de la sanction ? Le sinistre viendra de loin !
Vers qui vous enfuirez-vous pour de l’aide ?
Où abandonnerez-vous votre gloire ?
4. Sinon succomber sous le prisonnier; et sous les tués ils tombent.
Malgré tout, sa narine ne s’est pas retournée,
sa main est encore brandie.
Contre Ashour
5. Hoïe, Ashour, rameau de ma narine,
lui, branche de mon exaspération en main.
6. Je l’envoie contre la nation hypocrite,
je l’ordonne contre le peuple de mon emportement,
pour butiner au butin, piller au pillage,
pour le mettre au piétinement, comme l’argile des allées.
7. Lui, il ne l’imagine pas ainsi, son coeur ne pense pas ainsi;
oui, il est en son coeur d’exterminer, de trancher des nations, pas un peu !
8. Oui, il dit: « N’est-ce pas ? mes chefs ensemble sont des rois !
9. Kalné n’est-il pas comme Karkemish;
comme Arpad, Hamat; comme Damèssèq, Shomrôn ?
10. Ainsi ma main a trouvé les royaumes de l’idole,
et leurs sculptures plus nombreuses qu’à Ieroushalaîm et à Shomrôn.
11. Ce que j’ai fait à Shomrôn et à ses idoles,
ne le ferai-je pas à Ieroushalaîm et à ses fétiches ?
12. Et c’est quand Adonaï aura exécuté toute son oeuvre
au mont Siôn et à Ieroushalaîm,
je sanctionnerai le fruit du coeur grandiloquent du roi d’Ashour,
et l’éclat exalté de ses yeux. »
13. Oui, il dit: « J’agis par la force de ma main;
oui, je discerne par ma sagesse.
J’écarte les frontières des peuples; leurs magots, je les spolie.
Je fais descendre comme un meneur les habitants;
14. ma main trouve comme au nid la valeur des peuples.
Comme au ramassage d’oeufs abandonnés,
moi, j’ai ramassé toute la terre.
Il n’est pas d’aile qui s’agite, de bec béant, de siffloteur ! »
15. La hache se vante-t-elle devant qui taille avec ?
La scie se grandit-elle devant qui la balance ?
Ou le rameau balance-t-il ceux qui le soulèvent ?
Ou la branche soulève-t-elle du non-bois ?
16. Aussi l’Adôn IHVH-Adonaï Sebaot envoie-t-il la consomption contre ses obèses.
À la place de sa gloire, il embrase d’un embrasement
identique à l’embrasement d’un feu.
17. Et c’est la lumière d’Israël, un feu; sa sacralité, une flamme.
Elle brûle et mange son paliure, sa broussaille, en un jour.
18. La gloire de sa forêt et de son verger,
il les achève, de l’être jusqu’à la chair.
Elle est comme asphyxiée d’asphyxie.
19. Le reste des arbres de sa forêt, ils seront en petit nombre.
Un adolescent les inscrira.
Le reste retourne
20. Et c’est en ce jour,
le reste d’Israël, le survivant de la maison de Ia‘acob,
ne continuera plus à s’appuyer sur son frappeur,
mais s’appuiera sur IHVH-Adonaï, le sacré d’Israël, en vérité.
21. Un reste retournera, le reste de Ia‘acob, vers Él, le héros.
22. Oui, même si ton peuple, Israël, était comme le sable de la mer,
un reste retournera à lui.
L’achèvement est décidé, il déferlera en justification.
23. Oui, c’est l’achèvement, il est décidé.
Adonaï IHVH-Elohîms Sebaot agit au sein de toute la terre.
24. Aussi, ainsi dit Adonaï IHVH-Elohîms Sebaot:
« Ne frémis pas, mon peuple, habitant de Siôn, devant Ashour.
Il te frappe à la trique, il porte contre toi son gourdin,
selon la route de Misraîm.
25. Mais encore le brin d’un peu, l’exaspération s’achèvera,
ma narine contre leur anéantissement. »
26. IHVH-Adonaï Sebaot réveillera le fouet contre lui,
comme le coup de Midiân sur le roc d’‘Oréb.
Sa branche sur la mer, il la portera sur la route de Misraîm.
27. Et c’est en ce jour, son fardeau s’écartera de ton épaule,
son joug de ton cou, un joug aboli face à l’opulence.
Il élague la ramure
28. Il est venu contre ‘Aïat, il est passé à Migrôn.
À Mikhmas, il dépose ses objets.
29. Ils passent la passe: « Guèba‘, un gîte pour nous ! »
Rama a tressailli, Guib‘at-Shaoul s’est enfui.
30. Hennis de ta voix, Bat-Galîm !
Sois attentive, Laïsh, ‘Anatot, l’humiliée !
31. Madména erre, les habitants de Guébîm se retranchent.
32. Ce jour encore à Nob, tenir ! Il balance la main,
mont de la fille Siôn, colline de Ieroushalaîm !
33. Voici l’Adôn, IHVH-Adonaï Sebaot, il élague la ramure à la cognée;
les tailles altières sont broyées, les hautes sont abaissées.
34. Il abat au fer les halliers de la forêt;
le Lebanôn, par le majestueux, tombe.
Chapitre 11.
Le loup et le mouton
1. Un rejet sortira de la souche d’Ishaï; un drageon, de ses racines, fructifiera.
2. Le souffle de IHVH-Adonaï reposera sur lui,
souffle de sagesse, de discernement,
souffle de conseil, d’héroïsme,
souffle de pénétration, de frémissement, de IHVH-Adonaï.
3. Il lui inspirera le frémissement de IHVH-Adonaï. Il ne jugera pas à vue d’oeil;
il n’arguera pas selon la rumeur de ses oreilles.
4. Il jugera avec justice les chétifs,
il arguera avec droiture pour les humbles de la terre.
Il frappera la terre au rameau de sa bouche.
Du souffle de ses lèvres, il fera mourir le criminel.
5. Et c’est la justice, ceinture de ses hanches;
l’adhérence, ceinture de ses lombes.
6. Le loup résidera avec le mouton,
le léopard s’accroupira avec le chevreau;
le veau, le lionceau, le buffle, ensemble,
un petit adolescent les conduira.
7. La vache et l’ours pâtureront ensemble; leurs petits s’accroupiront.
Le lion, comme un bovin, mangera de la paille.
8. Le téteur se délectera sur un trou de cobra, sur un antre de vipère;
sevré, il les manipulera de ses mains.
9. Ils ne nuiront pas, ils ne détruiront pas sur tout le mont de mon sanctuaire;
oui, la terre sera pleine de la pénétration de IHVH-Adonaï,
comme les eaux couvrent la mer.
Le retour des bannis
10. Et c’est en ce jour, la racine d’Ishaï,
qui se tient en bannière des peuples,
les nations la consulteront. Et c’est son repos, la gloire.
11. Et c’est en ce jour, Adonaï continuera une seconde fois de sa main
à racheter le reste de son peuple, ce qui restera
d’Ashour et de Misraîm, de Patros et de Koush,
d’‘Éïlâm et de Shin‘ar, de Hamat et des îles de la mer.
12. Il portera une bannière pour les nations,
il réunira les bannis d’Israël,
il groupera les dispersés de Iehouda des quatre ailes de la terre.
13. L’ardeur s’écartera d’Èphraîm,
les oppresseurs de Iehouda seront tranchés.
Èphraîm n’ardera plus contre Iehouda,
Iehouda n’oppressera plus Èphraîm.
14. Ils voleront contre l’épaule des Pelishtîm vers la mer;
ensemble ils pilleront les Benéi Qèdèm, les fils du Levant.
Edôm et Moab à l’envoi de leur main,
Les Benéi ‘Amôn en leur obédience.
15. IHVH-Adonaï asséchera la langue de mer de Misraîm,
il balancera sa main sur le Fleuve dans l’étuve de son souffle.
Il le fractionnera en sept torrents et y acheminera en sandales.
16. Et c’est une chaussée pour le reste de son peuple,
ce qui reste d’Ashour, comme il en était d’Israël,
au jour de sa montée de la terre de Misraîm.
Chapitre 12.
Hennis, jubile
1. Dis en ce jour: « Je te célèbre, IHVH-Adonaï !
Oui, tu avais nariné contre moi;
mais ta narine s’est détournée et tu me réconfortes.
2. Voici l’Él de mon salut. Je me rassure, je ne tremble pas.
Oui, mon énergie, le chant de Yah, IHVH-Adonaï !
Il est pour moi le salut. »
3. Puisez les eaux avec exultation aux sources du salut.
4. Dites en ce jour: « Célébrez IHVH-Adonaï, criez son nom;
faites connaître parmi les peuples ses exploits;
mémorisez-le, oui, sublime est son nom !
5. Chantez IHVH-Adonaï, oui, il culmine, cela, à la connaissance de toute la terre.
6. Hennis, jubile, habitante de Siôn !
Il est grand en ton sein, le sacré d’Israël ! »
Chapitre 13.
Des faces de flammes
1. Charge de Babèl qu’a contemplée Iesha‘yahou bèn Amos:
2. Sur le mont chauve, portez la bannière,
élevez la voix pour eux, balancez la main;
qu’ils viennent aux ouvertures des gratificateurs !
3. Moi, j’ordonne à mes consacrés, j’appelle aussi
mes héros pour ma narine, les exultants de mon orgueil.
4. Voix d’une foule dans les monts, l’image d’un peuple multiple;
voix d’un tumulte, les royaumes des nations se réunissent;
IHVH-Adonaï Sebaot inspecte l’armée de la guerre.
5. Ils viennent d’une terre lointaine, des confins des ciels;
IHVH-Adonaï avec les engins de son exaspération, pour saboter toute la terre.
6. Geignez, oui, il est proche, le jour de IHVH-Adonaï.
Comme une razzia de Shadaï, il vient.
7. Sur quoi toutes les mains se relâchent; tout coeur d’homme fond.
8. Ils s’affolent; les contractions et les douleurs les saisissent;
comme l’enfanteuse, ils se convulsent.
L’homme à son compagnon, ils s’étonnent.
Faces de flammes, leurs faces !
9. Voici, le jour de IHVH-Adonaï vient, cruel, emportement et brûlure de narine,
pour mettre la terre en désolation, exterminer ses fautes.
10. Oui, les étoiles des ciels, leurs constellations,
leur lumière n’auréole plus; le soleil enténèbre à sa sortie;
la lune, sa lumière ne fulgure plus.
11. Je sanctionne le malheur du monde, les criminels pour leur tort.
Je fige le génie des arrogants; l’orgueil des terrifiants, je l’abaisse.
12. Je raréfie l’homme plus que l’or pur,
l’humain plus que le vermeil d’Ophir.
13. Sur quoi j’agite les ciels, la terre trépide de son lieu,
dans l’emportement de IHVH-Adonaï Sebaot, au jour de la brûlure de sa narine.
14. Et c’est comme une gazelle bannie, comme des ovins sans regroupeur.
L’homme vers son peuple fait face, l’homme vers sa terre s’enfuit.
15. Tout homme trouvé est poignardé, tout renfloué tombe par l’épée,
16. leurs nourrissons sont déchiquetés sous leurs yeux;
et leurs maisons spoliées; leurs femmes copulent.
17. Me voici, j’éveille contre eux les Madaï;
avec l’argent, ils ne comptent pas; l’or, ils ne le désirent pas.
18. Les arcs déchiquètent les adolescents,
le fruit du ventre, ils ne le matricient pas;
pour les fils, leur oeil n’est pas exorable.
Babèl ravagée
19. Et c’est Babèl, la gazelle des royaumes, la splendeur, le génie des Kasdîm,
comme au renversement d’Elohîms à Sedôm et ‘Amora.
20. Elle ne siège pas avec persistance,
elle ne demeure pas jusqu’aux âges des âges.
L’Arabe n’y campe pas, les pasteurs n’y font pas accroupir.
21. Là s’accroupissent les lynx;
là les grands ducs remplissent leurs maisons;
là, les hiboux du désert demeurent, et là les boucs dansent.
22. Les hyènes logent dans ses donjons,
les chacals dans des palais de délices.
Il est proche à venir, son temps; ses jours ne se prolongeront pas.
Chapitre 14.
La chute de Babèl
1. Oui, IHVH-Adonaï matriciera Ia‘acob, il choisira encore Israël.
Il les fera reposer sur leur glèbe;
le métèque s’adjoindra à eux, ils s’incorporeront à la maison de Ia‘acob.
2. Les peuples les prendront et les feront venir en leur lieu;
la maison d’Israël les aura en possession sur la glèbe de IHVH-Adonaï,
pour serfs et pour domestiques. Ils seront les geôliers de leurs geôliers,
ils assujettiront leurs tyrans.
3. Et c’est au jour où IHVH-Adonaï te reposera de ta peine,
de ton agitation, du dur servage auquel il t’avait asservi,
4. élève cet exemple contre le roi de Babèl et dis:
Quoi ! il chôme, le tyran; elle chôme, l’orpailleuse !
5. IHVH-Adonaï a brisé la branche des criminels, le rameau des gouverneurs.
6. Le frappeur des peuples dans l’emportement des coups sans arrêt,
l’assujettisseur des nations avec fureur, est poursuivi sans cesse.
7. Elle se repose, elle se calme, toute la terre; ils éclatent en jubilation.
8. Même les cyprès se réjouissent de toi, les cèdres du Lebanôn:
« Dès lors que tu t’es couché, le bûcheron ne montera plus contre nous. »
9. Le Shéol, en bas, s’agite pour toi à l’abord de ta venue.
Il éveille pour toi les fantômes, tous les menons de la terre;
il fait lever de leurs trônes tous les rois des nations.
10. Tous répondent et te disent:
« Toi aussi tu es terrassé comme nous; tu es identique à nous. »
11. Il fait descendre ton génie au Shéol, le lyrisme de tes harpes.
Sous toi, il étale la putréfaction; tes couvertures: des lombrics.
12. Quoi, tu tombes des ciels, astre, fils de l’aube !
Tu es broyé à terre, dompteur des nations !
13. Et toi, tu disais en ton coeur: « Je monterai aux ciels;
plus haut que les étoiles d’Él, j’élèverai mon trône;
je siégerai au mont du Rendez-vous, aux confins du Septentrion.
14. Je monterai sur les tertre |